Et si la réunionnite rendait les entreprises bêtes ?

Dans bien des organisations, la réunion est encore perçue comme un signe d’implication, voire de pouvoir. On y passe des heures, parfois toute la journée. Et pourtant, une question mérite d’être posée sans détour : la "réunionnite aiguë" ne rend-elle pas les entreprises, et ceux qui les composent, un peu bêtes ?

Quand l’intelligence collective tourne à vide

À l’origine, la réunion est un outil noble : aligner les visions, partager l’information, prendre des décisions. Mais dans la pratique, trop de réunions deviennent des rituels sans efficacité. On y parle beaucoup, on y décide peu. On s’écoute poliment, mais on ne construit rien de vraiment neuf. L’intelligence collective devient alors une sorte de théâtre d’ombres : on simule la collaboration, sans en récolter les fruits.

La fatigue décisionnelle, ce mal silencieux

Nos capacités cognitives sont limitées. Chaque réunion pompe un peu plus notre énergie mentale. À force d’enchaîner les réunions, les managers comme les collaborateurs se retrouvent dans un état de fatigue décisionnelle chronique : difficulté à trancher, à prioriser, à penser avec clarté. On reste en surface, on évite les conflits, on répète ce qu’on a déjà dit. Ce n’est pas de la bêtise au sens strict, mais cela y ressemble furieusement.

Le syndrome de la dilution des responsabilités

Autre effet pervers : à force de multiplier les réunions à plusieurs, on finit par diluer la responsabilité. Tout le monde est là, donc personne n’est vraiment responsable. On attend l’avis de l’autre, on veut valider avec un supérieur, on remet à plus tard. Résultat : l’organisation s’enlise, les décisions se perdent dans les méandres de la coordination.

Ce que la réunionnite nous fait perdre

Ce que l’on perd à trop se réunir, ce ne sont pas seulement des heures de travail. C’est du temps de concentration profonde, des moments de réflexion individuelle, de créativité, d’analyse, d’exécution. Bref, tout ce qui fait la valeur ajoutée d’un professionnel. Trop de réunions, et l’on finit par penser moins bien, agir moins vite, créer moins fort.

Repenser la culture de la réunion

Il ne s’agit pas d’abolir les réunions, mais de les remettre à leur juste place. Une réunion utile est rare, préparée, courte, orientée vers une décision claire. Et surtout : elle ne devrait jamais être un réflexe automatique.

Redonnons aux collaborateurs le droit à la concentration, aux managers le temps de penser, et à l’organisation l’intelligence de son action. Ce n’est qu’en allégeant le bruit que nous pourrons retrouver le sens.

 

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